Les bâtiments contribuent pour 43% à l’énergie consommée en France et pour 22 % aux rejets de gaz à effet de serre. Les logements existants, construits pour une bonne part d’entre eux alors qu’aucune réglementation thermique n’existait, en sont largement responsables. Or la France a pris des engagements pour économiser l’énergie et diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Depuis le 1er novembre 2007 les logements existants qui font l’objet de travaux d’amélioration sont soumis à la réglementation thermique des bâtiments existants. Cette nouvelle réglementation fixe ainsi des exigences minimales sur les produits et équipements à mettre en œuvre pour toute intervention concernant l’isolation, le chauffage et la climatisation, l’eau chaude sanitaire, la régulation, la ventilation et l’éclairage. Les propriétaires occupants, les propriétaires bailleurs ou les locataires doivent connaître ce nouveau dispositif réglementaire. Cette réglementation impose une performance énergétique minimale pour le matériel quand des travaux ou une rénovation lourde sont entrepris dans votre logement. Par ailleurs, il est à noter que certains travaux peuvent bénéficier d’incitations financières adaptées.
Bénéficiaires
Propriétaires occupant, bailleur, société civile, copropriété (quote-part des parties communes sur lesquelles sont entrepris les travaux). Si travaux réalisés à la fois sur logement et parties communes d’un immeuble en copropriété, prêt octroyé au propriétaire du logement pour les parties privatives, au syndicat de copropriété pour les parties et équipements communs.
Logements éligibles
Logement achevé avant le 1er janvier 1990. Habitation à usage de résidence principale (logement occupé au moins huit mois par an, sauf en cas d’obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure) ou utilisation à titre de résidence principale au plus tard dans les six mois de la clôture de l’avance (la date de clôture de l’avance est la date à laquelle l’emprunteur justifie de la réalisation des travaux financés par le prêt. La transmission des pièces justificatives doit avoir lieu dans un délai maximum de deux ans à compter de la date d’émission de l’offre de prêt).
Travaux financés
Travaux non commencés avant l’émission de prêt (sauf dérogation pour les travaux débutés au 1er mars 2009). Dépenses = fourniture et pose des équipements, produits et ouvrages nécessaires à la réalisation des travaux + dépose et mise en décharge des ouvrages, produits et équipements existants + maîtrise d’œuvre et études relatives aux travaux + assurance maitre d’ouvrage éventuelle + travaux induits, indissociables des travaux.
Distributeur du prêt
Banque ayant signé une convention avec l’État. La liste des banques signataires est disponible sur le site de l’Ademe (www.ademe.fr).
Dossier de demande de prêt (Formulaire type « Devis »)
Les formulaires « Devis » sont disponibles à l’annexe 3 de l’arrêté du 30 mars 2009 (NOR : DEVU0903668A : JO, 31 mars). Eléments fournis par l’emprunteur : date d’achèvement du logement, justificatif de l’utilisation en tant que résidence principale du logement ou engagement à rendre effective l’utilisation en tant que résidence principale dans les six mois qui suivent la date de clôture de l’avance, dernier avis d’imposition disponible (pour les personnes physiques, propriétaires-occupants ou bailleurs), descriptif des travaux prévus et devis détaillés, montant prévisionnel des dépenses.
Formulaire DEVIS : Réalisation d’un bouquet de travaux
Formulaire DEVIS : Atteinte d’une performance énergétique globale minimale
Formulaire DEVIS : Travaux de réhabilitation des dispositifs d’assainissement non collectif
Montant (par logement)
20 000 € pour les travaux ne comportant que deux actions efficaces du « bouquet de travaux » ;
30 000 € pour les travaux comportant au moins trois des six actions du « bouquet de travaux » ou les travaux permettant d’atteindre une performance énergétique globale minimale du logement ;
10 000 € pour les travaux de réhabilitation des systèmes d’assainissement non collectif.
Taux
0 %.
Durée
10 ans. Réduction possible jusqu’à trois ans minimum (ou, exceptionnellement, un an avec accord de la banque). Jusqu’à quinze ans sur proposition de la banque.
Versement du prêt
Versement en une ou plusieurs fois au visa :
du descriptif ou des devis détaillés ;
ou des factures de travaux. Dans ce cas, le versement peut dépasser le montant du prêt avec accord de la banque.
Plus de versement trois mois après la date de clôture de l’avance (la date de clôture de l’avance est la date à laquelle l’emprunteur justifie de la réalisation des travaux financés par le prêt. La transmission des pièces justificatives doit avoir lieu dans un délai maximum de deux ans à compter de la date d’émission de l’offre de prêt).
Délai d’exécution des travaux
Délai de deux ans à compter de la date d’émission de l’offre de prêt.
Documents fournis à la banque en fin de travaux (Formulaire type « Factures »)
Les formulaires « Factures » sont disponibles à l’annexe 4 de l’arrêté du 30 mars 2009 (NOR : DEVU0903668A : JO, 31 mars). Dans le délai de deux ans à compter de l’offre de prêt : descriptif des travaux réalisés, ensemble des factures détaillées associées, montant définitif des travaux réalisés, justificatif confirmant l’utilisation en tant que résidence principale du logement (le cas échéant).
Formulaire FACTURE : Réalisation d’un bouquet de travaux
Formulaire FACTURE : Atteinte d’une performance énergétique globale minimale
Formulaire FACTURE : Travaux de réhabilitation des dispositifs d’assainissement non collectif
Sanction en cas de non-respect des conditions de prêt
Exigibilité du prêt si, pendant la durée de remboursement du prêt, le logement est :
transformé en local commercial ou professionnel ;
affecté à la location saisonnière ;
utilisé comme résidence secondaire ;
fait l’objet d’une mutation entre vifs (vente, échange, apport, donation, à l’exception des successions).
En cas de destruction du logement, maintien du prêt si reconstruction dans les quatre ans du sinistre.
Travaux
éligibles |
Travaux
principaux |
Travaux
induits indissociables |
|
Soit les travaux
répondant à au moins deux catégories d’un « bouquet de travaux »
constitué par : |
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Ÿ isolation
performante de la toiture |
Isolant présentant
une résistance thermique R [1] ≥ à : Ÿ 5 (m².K)/W, si
l’isolation est posée en plancher de combles perdus Ÿ 4 (m².K)/W, si
l’isolation est posée en rampants de combles aménagés Ÿ 3 (m².K)/W, si
l’isolation est posée en toiture-terrasse |
Modifications
ponctuelles de l’installation électrique, des réseaux intérieurs, de la
plâtrerie et des peintures / Travaux liés au maintien de l’étanchéité de la
toiture et de reprise d’étanchéité des points singuliers défaillants de la
toiture / Equilibrage des réseaux de chauffage / Installation de systèmes de régulation
du chauffage et d’un système de ventilation |
|
Ÿ isolation
performante des murs donnant sur l’extérieur |
Isolant présentant
une résistance thermique R [1] ≥ à 2,8 (m².K)/W |
Modifications de
l’installation électrique, des réseaux intérieurs, de la plâtrerie et des
peintures (isolation par l’intérieur) / Ravalement de façade (isolation par
l’extérieur) / Equilibrage des réseaux de chauffage / Installation de
systèmes de régulation du chauffage et d’un système de ventilation |
|
Ÿ isolation
performante des fenêtres et portes donnant sur l’extérieur |
Pour les parois
vitrées : Ÿ remplacement des
fenêtres donnant sur l’extérieur par des fenêtres avec un coefficient Uw [1]
ou un coefficient Ujn [1] (si fermeture associée à la
fenêtre) ≤ à 1,8 W/(m².K) Ÿ ou pose sur la baie
existante d’une seconde fenêtre avec un coefficient Uw ou Ujn (si présence de
fermeture) ≤ à 2 W/(m².K) Pour les
portes : Ÿ remplacement des
portes donnant sur l’extérieur par des portes avec un coefficient Uw ≤ à 1,8
W/(m².K) Ÿ ou réalisation d’un
sas (pose devant la porte existante d’une seconde porte) avec un coefficient
Uw ou Ujn (si présence de fermeture) ≤ à 2 W/(m².K) |
Fourniture, pose et
motorisation des fermetures / Modifications de la plâtrerie et des peintures
/ Installation d’un système de ventilation |
|
Ÿ installation ou
remplacement d’un chauffage ou d’une production d’ECS |
Pose d’équipements
avec dispositif de programmation du chauffage : Ÿ chaudière à
combustible fossile à condensation Ÿ chaudière à
combustible fossile basse température [2] Ÿ PAC assurant le
chauffage de COP [1] ≥ 3,3 Ÿ PAC assurant le
chauffage et la production d’eau chaude sanitaire de COP en mode chauffage ≥
3,3 |
Adaptation
des émetteurs de chaleur à eau chaude et des réseaux de distribution /
Isolation et équilibrage des réseaux de chauffage / Adaptation des systèmes
d’évacuation des produits de la combustion Forage et
terrassement (si utilisation de la géothermie) / Modifications ponctuelles de
l’installation électrique / Installation d’un système de ventilation |
|
Ÿ installation d’un
chauffage utilisant les énergies renouvelables |
Pose d’une chaudière
bois de classe 3 (NF EN 303-5) accompagnée d’un dispositif de programmation
du chauffage Pose d’un ou
plusieurs poêles à bois, foyers fermés ou inserts de cheminée intérieurs de
rendement énergétique ≥ à 70 % |
Adaptation des
émetteurs de chaleur à eau chaude et des réseaux de distribution, les
éventuels travaux / Adaptation des systèmes d’évacuation des produits de la
combustion |
|
Ÿ installation d’une
production d’ECS utilisant les énergies renouvelables |
Installation de
système de production d’eau chaude sanitaire utilisant l’énergie solaire et
dotés de capteurs solaires (certification CSTBât ou Solar Keymark ou
équivalente) |
Modifications de la
couverture du bâtiment, de l’installation électrique et de la plomberie |
|
Soit les travaux
permettant d’atteindre une performance énergétique globale minimale du
logement |
Travaux sur les
bâtiments existants achevés après le 1er janvier 1948.
Consommation conventionnelle d’énergie primaire du bâtiment rénové inférieure
ou égale à une valeur en kWh/m²/an d’énergie primaire qui s’exprime sous la
forme [3] : Ÿ 150 x (a + b) si le
bâtiment présente une consommation conventionnelle d’énergie primaire avant
les travaux ≥ à 180 x (a + b) kWh/m²/an Ÿ 80 x (a + b) si le
bâtiment présente une consommation conventionnelle d’énergie primaire avant
les travaux < à 180 x (a + b) kWh/m²/an |
- |
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Soit les travaux de
réhabilitation des systèmes d’assainissement non collectif par des
dispositifs ne consommant pas d’énergie |
Dispositifs
d’assainissement non collectif respectant les prescriptions techniques
définies en application de l’article R. 2224-17 du code général des
collectivités territoriales (préservation de la qualité des eaux
superficielles et souterraines) et ne consommant pas d’énergie. |
Terrassement
/ Adaptation des réseaux extérieurs d’évacuation des eaux usées brutes /
Remise en état / Modification ou installation de systèmes de ventilation
statique extérieure pour l’aération des dispositifs de l’installation |
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[1] La résistance
thermique totale R, les coefficients de transmission thermique Uw et Ujn,
ainsi que le coefficient de performance des pompes à chaleur (COP) sont
définis en annexe 2 de l’arrêté du 30 mars 2009 (Arr. 30 mars 2009, NOR :
DEVU0903668A, ann. 2 : JO, 31 mars). [2] La pose d’une
chaudière à combustible fossile basse température est éligible à l’éco-prêt à
taux zéro uniquement dans les logements situés en bâtiment collectif
d’habitation justifiant d’une inadéquation entre le système d’évacuation des
produits de combustion et la pose de chaudière à condensation. [3] La valeur
« a » est donnée en fonction des zones climatiques (Arr. 30 mars
2009, NOR : DEVU0903668A, art. 11 : JO, 31 mars ; Arr. 13 juin
2008, NOR : DEVU0813714A, ann. 1 : JO, 8 août). La valeur
« b » est donnée en fonction de l’altitude du terrain d’assiette de
la construction (Arr. 30 mars 2009, NOR : DEVU0903668A, art. 11 :
JO, 31 mars). |
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Le crédit d’impôt en faveur des économies d’énergie et du développement durable
Le crédit d’impôt est une disposition fiscale permettant aux ménages de bénéficier d’une réduction de leur impôt sur le revenu s’ils réalisent des dépenses pour certains travaux d’amélioration énergétique dans leur résidence principale, à la condition que les équipements soient fournis et posés par la même entreprise. Chaque contribuable peut bénéficier du crédit d’impôt, qu’il soit imposable ou pas.
Les prêts « développement durable » ou prêts « travaux d’économies d’énergie »
Les prêts « développement durable » ou « travaux d’économies d’énergie » sont des prêts à taux préférentiels que les banques sont tenues de proposer pour le financement des travaux de rénovation visant à améliorer la performance énergétique des logements achevés depuis plus de deux ans. Les taux de ces prêts sont inférieurs au taux de marché car ils sont adossés aux ressources du livret de développement durable (ex-codevi).
Les aides de l’Anah
L’Agence nationale de l’habitat (Anah) est un établissement public de l’Etat, financé par des ressources budgétaires et fiscales. Elle a, entre autres, pour mission de promouvoir le développement et la qualité du parc de logements privés existants. Les propriétaires de logement (qu’ils habitent ou qu’ils louent) peuvent réaliser certains travaux avec l’aide de l’Anah (www.anah.fr).
Les aides des collectivités territoriales
Pour certains travaux (isolation, menuiseries et équipements utilisant les énergies renouvelables) et dans la plupart des régions, les départements ou les communes accordent des aides. Pour connaître les aides locales concernant l’énergie solaire, vous pouvez consulter le site de Enerplan (www.enerplan.asso.fr).
Les aides des entreprises de distribution de l’énergie
Dans les zones où l’énergie de réseau est distribuée par une entreprise locale (régie municipale ou autre), il faut penser à la contacter pour d’éventuelles aides dans ce domaine.
La TVA à taux réduit (7%)
Le taux de TVA à 7 % porte sur les travaux réalisés par des professionnels sur factures et notamment :
dans les locaux de plus de deux ans destinés à l’habitation à l’issue des travaux : amélioration, transformation (à l’exclusion de travaux aboutissant à du neuf), aménagement et entretien ;
et dans tous les locaux (quelle que soit la date de construction) pour les interventions d’urgence.
Elle aide les professionnels (constructeur de maison neuve, promoteur immobilier, aménageur lotisseur,) sur la promotion immobilière ou sur la maîtrise d’œuvre dans le bâtiment.
Elle explique également le fonctionnement du contrat de construction de maison individuelle ou encore la vente en l’état futur d’achèvement aux particuliers.